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Una visió moderna d’Helena, la “Hélène” d’Apollinaire

HÉLÈNE

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Guillaume Apollinaire (Roma, 26 d'agost de 1880 - París, 9 de novembre de 1918)

Sur toi Hélène souvent mon rêve rêva
Tes beaux seins fléchissaient quand Pâris t’enleva
Et savais-tu combien d’hommes avaient tes lèvres
Baisé depuis Thésée jusqu’au gardeur de chèvres

Tu étais belle encor toujours tu le seras
Et les dieux et les rois pour toi firent la guerre
Car ton corps était nu et blanc comme ton père
Le cygne amoureux qui jamais ne chantera

Si ton corps toujours nu exercé à la lutte
Inspirait l’amour Hélène fille d’un dieu
Les hymens sans flambeau ni joueuse de flûte
Nombreux qui aux matins cernaient de bleu tes yeux

Avaient avec les ans que n’avouent pas les femmes
Fait souffrir ton visage et tes lèvres fanés
Mais tes grands yeux étaient encor jeunes ô dame
Et le fard sur tes joues recouvrait les années

Mais tu n’étais point vieille et tu dois vivre encore
En quelque bourg de Grèce belle comme alors
Tu n’étais pas plus belle quand te dépucela
Le vainqueur de brigands Thésée qui te vola

Quand on entend la femelle de l’alcyon
Chanter la mort est proche et pour vivre en nos rêves
Immortelle et belle Hélène ô tentation
Bouche-toi les oreilles ô vieille aux douces lèvres

Quand te nomme un héros tous les hommes se lèvent
Hélène ô liberté ô révolutions

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Guillaume Apollinaire.

Le guetteur mélancolique

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